CLAUSTRE-TREINEN Françoise

dimanche 3 janvier 2010
par jeanclaude
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CLAUSTRE Françoise
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CLAUSTRE Françoise

Françoise Claustre

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Françoise Claustre (8 février 1937, Paris3 septembre 2006, Montauriol), était une ethnologue et archéologue française. Elle est surtout connue pour avoir été enlevée au Tibesti (nord du Tchad) et maintenue en otage par les rebelles tchadiens durant plus de mille jours. Directeur de recherche émérite du CNRS, elle s’est éteinte, chez elle, le 3 septembre 2006 des suites d’une longue maladie.

La prise d’otage [modifier]

Françoise Claustre, le coopérant français Marc Combe et le Dr Christophe Staewen, un Allemand, sont enlevés le 21 avril 1974 dans le Tibesti (Tchad) par des rebelles des tribus nomades toubous et anakasas, menés par Hissène Habré et Goukouni Oueddei, chef des Forces Armées du Nord (FAN), après un raid sur l’oasis de Bardaï (la femme de Staewen et deux soldats tchadiens sont tués dans la fusillade). Les rebelles, qui maîtrisent le nord du Tchad mais ne parviennent pas à s’emparer de la capitale N’Djamena, réclament à l’Allemagne et à la France une rançon et l’accès aux médias. Leur allié, la Libye du colonel Kadhafi, s’éloigne alors des rebelles en se rapprochant du régime dictatorial de François Tombalbaye. Les rebelles manquent donc d’armes et de soutien international. La prise d’otages les ramène au premier plan. Bonn cède rapidement, et le Dr Christophe Staewen est libéré.

Mais la France, en pleine campagne présidentielle (le président du Sénat Alain Poher assure alors l’intérim), attend l’élection de Valéry Giscard d’Estaing pour agir véritablement. Celui-ci entame des négociations secrètes avec le dictateur tchadien François Tombalbaye. Avec le feu vert de N’Djamena, Giscard envoie le commandant Galopin libérer les otages. Celui-ci, longtemps coopérant à la tête de la Garde nationale tchadienne puis au sein des services de renseignements de l’ancienne colonie française, est accusé par les rebelles de brutalité et d’un raid mortel sur des proches de Goukouni Oueddei. Il est finalement capturé le 4 août : l’affaire Claustre lève un voile sur ce qu’on n’appelle pas encore la « Françafrique » [1],[2]. Désormais, les rebelles demandent en plus des armes. Devant le refus de Paris, ils tuent Galopin en avril 1975 après l’avoir fait condamner par un « tribunal révolutionnaire », tandis que Marc Combe parvient à s’évader le 23 mai 1975.

Pierre Claustre, le mari de Françoise et directeur de la Mission de réforme administrative au Tchad, tente alors de négocier directement avec les rebelles, mais il est enlevé à son tour le 26 août 1975. Ceci amène les rebelles à demander désormais une rançon de 10 millions de francs ; Hissène Habré menace d’exécuter les époux Claustre s’il ne reçoit pas l’argent avant le 23 septembre. Le reporter Raymond Depardon et Marie-Laure de Decker, partis accompagner Pierre Claustre avant son enlèvement, filment les rebelles et leurs chefs, dont Hissène Habré, avant d’être autorisés à interviewer Françoise Claustre. La diffusion de cet entretien émeut l’opinion publique, et Paris cède, payant la rançon. Mais les rivaux Hissène Habré et Goukouni Oueddei se disputent alors, entraînant une prolongation de la détention des otages.

Le premier ministre Jacques Chirac est alors envoyé en Libye négocier avec le colonel Khadafi, qui soutient désormais Goukouni Oueddei contre Hissène Habré. Les époux Claustre sont libérés neuf mois plus tard à Tripoli, le 31 janvier 1977.

L’histoire de Françoise Claustre servira de base au film La Captive du désert de Raymond Depardon avec Sandrine Bonnaire.

Françoise Claustre retourne alors à son métier d’ethnologue et d’archéologue dans le sud-ouest de la France, travaillant notamment au Centre d’anthropologie de Toulouse. Quelques années plus tard, elle déclare à Paris-Match : « Mon seul souci était de retourner dans l’anonymat (...) pour retrouver mon équilibre (...) Je n’ai aucune envie de m’exprimer, de me raconter. Je n’en éprouve aucun besoin. Au contraire, je ne tiens pas du tout à ce qu’on me rappelle cette période... difficile » [3]. Elle meurt le 3 septembre 2006, chez elle, des suites d’une longue maladie.

Références [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • L’Affaire Claustre : autopsie d’une prise d’otages de Pierre Claustre, éditeur : Karthala, parution : 1990 ISBN 2-86537-258-8.
  • Quatre présidents et l’Afrique, Claude Wauthier, éditeur : Le Seuil (Histoire immédiate),parution : 1995
  • La Piscine : les services secrets français : 1944-1985, Roger Faligot et Pascal Krop, éditeur : Le Seuil, parution : 1986