PALES Léon

vendredi 15 janvier 2010
par jeanclaude
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Il existe bien peu d’auteurs français publiant en paléopathologie dans les revues scientifiques par rapports aux auteurs anglais, italiens et allemands notamment, ce que l’on peut déplorer compte tenu du nombre de fouilles archéologiques et des collections dormant dans les musées. On peut se rappeler que l’une des publications qui a contribué à lancer la paléopathologie moderne a été l’œuvre d’une médecin français en 1929, Léon Pales au destin étonnant. « Léon Pales est né à Toulouse (Haute-Garonne) le 20 février 1905.Toute sa vie fut consacrée en marge d’une intense carrière chirurgicale, à l’anthropologie, à la préhistoire et ….au folklore ariégeois.

Médecin militaire issu brillamment de " Santé Navale " (Bordeaux), il acheva sa formation au " Pharo " (Marseille), scellant ainsi une destinée " coloniale " qui l’envoya au Congo puis au Tchad (1930-1935).

En 1938, il est professeur agrégé du " Pharo " et dirige la Section coloniale des élèves de l’École de Lyon. A la veille de la Guerre Mondiale, il est en charge d’un cours d’ethno-anthropologie à l’Institut de médecine coloniale de Marseille.

Après une brève captivité, L. Pales déjà reconnu pour ses travaux d’archéologie et d’anthropologie, est nommé de 1943 à 1945, sous-directeur du Musée de l’Homme qu’il retrouva pour des fonctions identiques de 1950 à 1957 puis, après avoir quitté l’armée cette même année, comme directeur de recherches au CNRS.

Jusqu’à sa mort, survenue le 20 juin 1988, il ne cessa de fouiller les grottes de Malarnaud qu’il aménagea en grotte-laboratoire complétée par un petit musée conservant les nombreux spécimens de sa collection personnelle ainsi qu’une partie de la collection Bourret (fouilles 1888-1891). » Ce texte est extrait d’une notice rédigée par PL Thillaud sur le site de la BIUM.

Sa thèse est téléchargeable intégralement sur le site de la BIUM : PALES, Léon. - État actuel de la paléopathologie : Contribution à l’étude de la pathologie comparative. Thèse de médecine de Bordeaux n°76, 1929 - 1930.

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Pales_Leon thèse

LEON PALES (1905-1988) État actuel de la paléopathologie : Contribution à l’étude de la pathologie comparative Thèse de médecine de Bordeaux, 1929-1930, n°76, 1929

Léon PALES est né à Toulouse (Haute-Garonne) le 20 février 1905.Toute sa vie fut consacrée en marge d’une intense carrière chirurgicale, à l’anthropologie, à la préhistoire et ….au folklore ariégeois. Médecin militaire issu brillamment de " Santé Navale " (Bordeaux), il acheva sa formation au " Pharo " (Marseille), scellant ainsi une destinée " coloniale " qui l’envoya au Congo puis au Tchad (1930-1935). En 1938, il est professeur agrégé du " Pharo " et dirige la Section coloniale des élèves de l’École de Lyon. A la veille de la Guerre Mondiale ,il est en charge d’un cours d’ethno-anthropologie à l’Institut de médecine coloniale de Marseille. Après une brève captivité, L. PALES déjà reconnu pour ses travaux d’archéologie et d’anthropologie, est nommé de 1943 à 1945, sous-directeur du Musée de l’Homme qu’il retrouva pour des fonctions identiques de 1950 à 1957 puis, après avoir quitté l’armée cette même année, comme directeur de recherches au CNRS. Jusqu’à sa mort, survenue le 20 juin 1988, il ne cessa de fouiller les grottes de Malarnaud qu’il aménagea en grotte-laboratoire complétée par un petit musée conservant les nombreux spécimens de sa collection personnelle ainsi qu’une partie de la collection BOURRET (fouilles 1888-1891).

En 1929, soit prés d’un demi-siècle après celle de J. LE BARON, la thèse de L. PALES marque à son tour la paléopathologie française. Soutenue à Bordeaux avec pour intitulé : Paléopathologie et pathologie comparative, cette thèse ambitieuse se voulait et parvînt à figurer comme l’état des lieux de l’ostéo-archéologie au terme de son âge d’or. Cette ambition fut d’autant mieux satisfaite que le travail de L. PALES avait su tirer avantage du monumental traité américain publié en 1923 par Roy L. MOODIE Paleopathology, an introduction to the study of ancient evidences of diseases. Mais au delà de cette influence très marquée, l’œuvre de ce jeune Navalais recèle bien des qualités originales et personnelles.

La première touche à la méthode qui s’appuie sur l’usage systématique de la transillumination et de la radiographie pour l’identification et l’interprétation physiopathologique rétrospective des lésions osseuses anciennes. Cette approche novatrice permet à l’auteur de préciser voire de modifier des diagnostics qui avaient été antérieurement portés. Le premier chapitre rappelle les discussions sur le soi-disant rachitisme des hommes de Néanderthal et de Cro-Magnon et donne à l’auteur l’occasion de rétablir les faits, démontrant ainsi toute l’importance de la paléopathologie pour la préhistoire. Un paragraphe spécial est consacré à la maladie de Paget dont les lésions osseuses étaient jusqu’aux observations de L. PALES confondues avec celles de la syphilis. Un chapitre à trait aux lésions traumatiques du squelette. Un autre, aux lésions maxillo-dentaires et au problème de l’apparition de la carie. Viennent ensuite les études relatives aux ostéo-périostites, ostéites simples, ostéo-myélites et à la myosite ossifiante. Plus loin sont abordées et longuement traitées les diverses " spondyloses ou soudures vertébrales " mais les " conclusions nouvelles " proposées témoignent de la grande confusion qui, à cette époque, régnait encore dans la nosologie des affections ostéo-articulaires. La question de la syphilis préhistorique est très honnêtement posée. Reconnu comme extrêmement complexe et souffrant de l’insuffisance ou l’imprécision des documents recueillis, L. PALES conclue qu’en l’état ce problème ne peut être résolu. L’iconographie se compose de 63 planches reproduisant les lésions les plus typiques ; la plupart sont des photographies et des radiographies originales. La bibliographie comprend 660 références.

La seconde qualité de cette thèse, plus conséquente encore, est d’affirmer parfois de manière convaincante, qu’au même titre que l’histoire, la paléopathologie peut servir la médecine en ce qu’elle procure de connaissance sur l’histoire naturelle des maladies dans le passé. A ce propos, une évidence s’impose : si toutes les études paléopathologiques menées à ce jour tendent à affirmer la pérennité de la constitution des maladies, nombreux sont les exemples montrant la variation dans le temps de leur manifestations et de leurs modes évolutifs. Désormais synonyme de l’histoire des maladies, la paléopathologie apparaît comme le domaine privilégié où se conjuguent les efforts de l’historien de la médecine et ceux du pathologiste pour le perfectionnement du savoir médical.

Une qualité plus inattendue : la chance, offrit à cette thèse sa renommée. Cette chance fut d’être la dernière somme paléopathologique de langue française avant que cette discipline ne s’enfonce dans un sommeil trentenaire. Dans le même temps, son auteur qui poursuivit son œuvre archéologique et anthropologique se détourna presque totalement de la paléopathologie. Sa thèse, pour autant, n’eut aucun mal à revenir d’actualité lorsqu’à la fin des années Soixante, la paléopathologie se réveilla. Naguère, cet ouvrage s’imposait encore comme le seul traité d’ostéo-archéologie de langue française.

C’est que cinquante ans furent à nouveau nécessaires pour que la paléopathologie française se dote d’ouvrages comparables :

GRMEK M. D. : " Les maladies à l’aube de la civilisation occidentale " ; Payot, Paris, 1983, 527 p.

DASTUGUE J., GERVAIS V. : " Paléopathologie du squelette humain " ; Boubée, Paris, 1992, 253 p.

THILLAUD P. L. : " Paléopathologie humaine " ; Kronos B.Y., Sceaux, 1996, 238 p.

Si, à l’évidence ces trois ouvrages apportent les compléments et l’actualisation nécessaires sur l’état récent de la paléopathologie, aucun d’eux ne dispense de bien connaître les thèses de Jules LE BARON et de Léon PALES et de recourir inlassablement aux Variations d’Anatole-Félix LE DOUBLE.

Correspondre avec l’auteur : pierre.thillaud@wanadoo.fr


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