Technique

mercredi 30 décembre 2009
par jeanclaude
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TECHNIQUE

(Réf : Site Mémoire d’Afrique)

Chez les Sao, les pièces de terre cuite étaient de loin les plus nombreuses. L’argile a été utilisée de façon continuelle pour les activités matérielles et quotidiennes, ainsi que religieuses. Les objets fabriqués étaient si bien faits, conçus avec tant de goût et d’ingéniosité que l’on peut assurer que la céramique a été la technique majeure des Sao.

Cette production comprenait toute la vaisselle (bols, plats, écuelles, marmites, caissons de rangement…), mais aussi des silos de toutes grandeurs, pour conserver les matières périssables, les poids à filets de pêche, ceux des fileurs de tissus, ceux des teinturiers, des armes (masses, bolas, poids à lancer…), des pipes, des bijoux, des jouets innombrables pour les enfants. Sans oublier tout le mobilier ou les objets religieux (jarres funéraires) dont quelques unes dépassaient 1,40 m, ainsi que de multiples représentations humaines et animales.

Il semble, comme couramment en Afrique, que ce soient les femmes qui façonnaient, modelaient et cuisaient les céramiques. Le traitement de l’argile devait être réglementé, qu’il s’agisse de l’édification des habitations, d’œuvres réservées à la communauté (murs, silos, puits…) ou de simple modelage d’ustensiles. L’immense développement de la fabrication de céramique devait occuper un grand nombre de personnes et, pourtant, il n’a pas été possible de trouver de traces de ces ateliers spécifiques. Seuls, des foyers ont été retrouvés. Rien ne nous est parvenu des détails de traitement, de leur séchage, de modelage de la terre, de l’ornementation des pièces fabriquées, voire de leur cuisson...

Pour le montage des grandes pièces, vases ou jarres-cercueil, le procédé au boudin était utilisé, avec l’emploi à l’extérieur ou à l’intérieur de la pièce, d’un panier pour aider à la confection de la base ou de la panse de la pièce fabriquée. Les jarres funéraires devaient être montées en plusieurs opérations. On faisait le fond sur une forme en vannerie, calé sur de la terre meuble et on y ajoutait la panse, en réunissant les deux fragments par des emplâtres d’argile, étalées manuellement. Sur la cuisson, on imagine qu’elle devait s’effectuer à feu nu, comme le font encore les Kotoko, descendants actuels et naturels, en ligne directe, des Sao.

Les techniques de chauffe étaient diverses, donnant des résultats disparates. L’on a retrouvé des pièces rose pâle, roses, rouges, brunes, grises, noires, comme calcinées, dans des tertres Sao. Les chauffes différentes donnaient des résultats aléatoires, certaines chauffes trop brutales pour de grandes pièces ne leur ayant pas permis de résister aux épreuves du temps et des intempéries. Elles ont tout simplement éclaté, littéralement parlant...

Pour la statuaire plus figurative, la technique n’a rien non plus à voir avec la technique Nok. Les têtes et les statues sont cuites dans des fours dont on a retrouvé les traces nombreuses. Elles ne sont pas creuses, mais faites à partir d’une masse pleine sur et dans laquelle le potier façonnait en creux ou en relief les traits du visage.

Les conditions de cuisson et la qualité de la matière utilisée donnent des œuvres différentes. Elles ne présentent pas non plus les trous systématiques trouvés chez les Nok, ni les éclats de feldspath, de quartz ou de mica partout présents. Il est difficile de pouvoir observer des œuvres Sao, celles qui étaient au Musée National Tchadien, 0 N’Djamena, ont été pillées. Nous recommandons le National Museum Of African Art de Washington, l’Australian National Gallery à Camberra et le Musée des Beaux-Arts de la Rochelle qui avait encore 165 Sao dans ses collections, il y a peu de temps encore, avant fermeture pour travaux...