Histoire

mercredi 30 décembre 2009
par jeanclaude
popularité : 9%

Histoire

(Réf : Site Mémoire d’Afrique )

Les peuples Sao constituent une des civilisations les plus anciennes de l’Afrique de l’ouest. Selon une tradition Toubou, les Sao sont signalés à 500 kilomètres au nord du lac Tchad, dès le VIIe siècle, vivant dans les oasis de Bilma, Tadjeré et Fatchi.

Entre 930 et 970, on les signale au sud du lac Tchad, dans une plaine inondable et souvent inondée, régulièrement, par les pluies. Ils y fondent l’Empire Sao. Cette région est à la fois une zone de contact et de métissage et les Sao ont dû se mélanger à une population déjà en place, puisqu’en effet, une datation au carbone 14 faite par J.-P. Leboeuf semble prouver qu’il y avait déjà une occupation humaine à cet endroit, dès l’an 425 avant J.-C.

Le peuplement se serait effectué alors en trois migrations distinctes et successives. La première, par des chasseurs, armés de sagaies, accompagnés de chiens courants. La seconde, par des chasseurs, encore, mais cette fois, armés d’arcs et de flèches. La troisième, enfin, par des pêcheurs équipés de filets, venant, sans doute, des bords du lac tout proche… Ceci, sans autres précisions, les preuves archéologiques faisant défaut pour dater avec certitude ces déplacements et regroupements, ou faire le distinguo entre ces différents groupes. Les Sao sont donc un regroupement, la réunion de différentes tribus ethniques, proches, sans doute et non musulmanes.

Au XIe siècle, les Sao, grands architectes, créent de grandes cités entourées de terre sèche, cernées de fortifications et de remparts.

Le modèle prolifère : les Sao - le terme signifie « les hommes d’autrefois » - ont acquis un poids politique considérable. Ils développent une activité diplomatique importante avec le Royaume de Kanem, situé à l’est du Tchad et peuplé de Kanuri.

Bien entendu, guerres et guérillas éclatent, les deux camps gagnent et perdent alternativement, jusqu’à ce que les Boulala, peuple d’origine yéménite, après s’être emparé de Kanem, chassent les Sao définitivement de la région. C’est la fin de l’Empire Sao, au XVIe siècle, sous les coups conjugués des Kanembu et des Kanuri. Parmi les survivants, certains sont tués plus tard par les Massa, tandis que les troupes Bornu déciment ceux restés dans les villes. Les derniers, enfin, s’enfuirent et se réfugièrent au nord-ouest du Cameroun. Ils se métissèrent avec les populations Massa installées dans ces régions. Ils formèrent une nouvelle ethnie : les Kotoko. Les Sao avaient alors cessé d’exister en tant que peuple Sao. C’était à la fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle...